J’ai souvent eu envie de voir ce qu’il y avait ailleurs.
Je suis né en Syrie en 1967. Enfant, j’aimais les mots, la littérature, l’écriture. Au moment du bac, j’ai pourtant pris la filière scientifique. Dans le monde où j’ai grandi, c’était la voie raisonnable : les sciences promettaient un métier et une sécurité, la littérature pouvait rester un plaisir. J’ai suivi cette voie sans l’avoir choisie.
Un désir, lui, était très clair : vivre en France. À la fin des années 1980, pour un étudiant étranger, l’informatique était l’une des portes les plus réalistes pour y parvenir. C’était le domaine prometteur du moment, assez loin de mes goûts d’enfant. J’ai pris cette porte. Je suis arrivé en France après le bac, j’ai appris le français et obtenu un premier diplôme, puis je suis rentré en Syrie pour quatre ans, dont trois de service militaire. Je suis revenu ensuite, pour devenir ingénieur.
Mon premier poste m’a conduit à Vannes, dans un groupe national de restauration, où je suis resté dix ans. J’y suis entré comme responsable informatique d’un parc de vingt-quatre ordinateurs, avec un projet qui paraissait démesuré quand les réseaux restaient l’affaire des très grandes entreprises : connecter les 340 restaurants bretons du groupe à leur siège et à leurs agences. Un directeur général a choisi d’y croire. Le projet a fait naître une équipe, jusqu’à une direction de vingt personnes, et m’a conduit au comité de direction comme directeur de l’organisation et des systèmes d’information.
J’y ai appris l’entreprise et le management, et j’y ai vu des personnes prendre une place qu’elles ne s’imaginaient pas occuper : certaines venaient d’autres métiers, des techniciens sont devenus managers, puis cadres dirigeants.
Ma situation était stable : un bon poste, un salaire confortable, des perspectives d’évolution. Une question prenait pourtant de plus en plus de place : serais-je capable de réussir par moi-même ? J’ai quitté le salariat pour essayer d’y répondre. Je voulais aussi gagner davantage. L’ambition et l’argent faisaient partie du projet, et je n’ai aucune raison de les effacer de mon histoire aujourd’hui.
J’ai commencé dans ma spécialité, en conduisant de grands projets transverses chez mes clients, puis mes activités se sont élargies au commerce et à d’autres projets. Un jour, le développement international d’un client m’a conduit à Malte. Ce qui devait être une mission est devenu un projet familial : nous avons décidé de nous y installer pour quelques années, pour vivre une expérience à l’étranger et dans un environnement anglophone. J’y ai développé une activité touristique autour de plusieurs sites internet devenus des références francophones sur l’île. Cette activité existe toujours.
Puis j’ai commencé à accompagner des entrepreneurs, des dirigeants et des familles dans leurs projets d’entreprise, d’expatriation et d’installation à Malte, puis à Chypre. Sur le papier, je répondais à des questions techniques : créer une société, comprendre une fiscalité, organiser une installation, choisir un statut de résidence. On venait me parler d’une structure juridique et, quelques minutes plus tard, d’une entreprise que l’on voulait quitter, d’un couple qui hésitait, d’enfants que l’on craignait de déraciner, ou de la sensation qu’il fallait changer quelque chose. Derrière « comment partir ? », il y avait souvent une question plus difficile : qu’est-ce que je cherche à changer ?
Ces conversations m’ont donné envie de me former au coaching, puis à d’autres approches de l’accompagnement. Deux personnes devant des choix semblables pouvaient avoir des attentes, des hésitations et des raisons d’agir très différentes. Je retrouvais aussi dans certaines histoires mes propres questions : l’envie de partir, de réussir par soi-même, de recommencer ailleurs, et l’attachement à ce que l’on a construit. Ces expériences ont changé ma manière d’écouter les personnes que j’accompagne, et de regarder mes propres décisions.
Et puis il y a ce site, où l’écriture retrouve la place qu’elle avait dans mon enfance. J’ai davantage de choses à raconter qu’à l’époque, mais probablement autant de questions.
Quelques dates, pour ceux que les faits intéressent.
1986Départ de Syrie pour la France après le bac. Un an et demi pour apprendre le français à partir de zéro, puis un premier titre d’analyste programmeur.
1989Retour en Syrie pour quatre ans, dont trois de service militaire.
1993Retour en France. Diplôme d’ingénieur en informatique et mathématiques appliquées, en quatre ans.
1997Premier poste, dans un groupe national de restauration. Dix ans, jusqu’à la direction de l’organisation et des systèmes d’information.
2007Création de ma propre structure de conseil en systèmes d’information, élargie progressivement au développement commercial à l’international. Missions auprès de dirigeants de TPE et PME : conduite de projet, organisation, management.
2010Mission de développement international pour un groupe national de fournitures de bureau. Elle me conduit à Malte.
2012Décision de rester à Malte en famille. Création d’une activité de tourisme, Le Petit Maltais et Visiter Malte, que je dirige toujours.
2013En parallèle, conseil à l’expatriation et à l’entrepreneuriat à Malte, étendu ensuite à Chypre (Malte Conseils et Chypre Conseils).
2025Développement d’une activité d’accompagnement individuel des managers et des dirigeants, au moment où les responsabilités changent de taille : prendre un poste, tenir une équipe, trancher, passer la main.
La suite de ces questions s’écrit dans les Notes.